Cet article a été publié dans notre Bulletin 3/2001 et modifié en mai 2005.
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OIDFA Groupe d’étude Nord des Pays-Bas
Comment
fonctionne le groupe de travail “Linnenkast”?
A présent, la plupart des membres de l'OIDFA connaît l'origine du Groupe d'étude Nord des Pays Bas. Si ce n'était pas le cas, on peut trouver la réponse dans les dossiers publiés.
Notre travail est décrit comme l'étude du linge de maison en lin, trouvé dans les armoires à linge du Nord des Pays Bas. Au cours des quelques années passées, nous avons publié quatre dossiers contenant les modèles de ces dentelles et des photos de dentelles anciennes ou neuves refaites à l'identiques.
Dans cet article nous allons expliquer comment nous commençons et arrivons au résultat final.
Le
matériel
La
raison de notre existence réside dans le linge de maison du passé, particulièrement
celui trouvé dans les vieilles armoires à linge ('linnenkast'),
et
particulièrement dans le nord des Pays Bas, dans les provinces de: Groningen,
Friesland et
Drenthe.
Que trouve-t-on dans ces armoires? La dot d'une femme et son trousseau - des draps, taies d'oreiller, serviettes de table, un rouleau de lin, et aussi des chemises - tout était conservé là. De la dentelle était cousue sur les draps, les taies d'oreiller et parfois sur les chemises. Des entre-deux de dentelle permettaient de relier deux métrages de lin trop étroits afin de faire un drap suffisamment large pour couvrir un lit. On les utilisait aussi comme décor de taies d'oreiller et sur les bordures et poignets des chemises. Par chance on peut encore en voir des exemples dans les musées et les collections privées.
Quand nous avons commencé, nous passions tout d'abord des annonces les journaux locaux demandant aux gens de fouiller dans leurs armoires et d'interroger leurs familles. Et ainsi notre demande se propageait de bouche à oreille. Quelque fois nous trouvons nos objets accidentellement. Un jour nous parlions à un groupe de dentellières débutantes de vieux linge de maison. L'une d'entre elles nous dit en avoir chez elle, "Mais ce n'est rien de spécial". II se trouva qu'elle avait une pile entière de taies d'oreiller ourlées de dentelle, que nous avons montrées de nombreuses fois!
Les gens du nord sont plutôt conservateurs et fiers des biens familiaux. C'est pourquoi c'était conservé à la maison ou offert aux musées.
Grâce à plusieurs expositions dans ces musées, nous sommes tombés sur des chemises de lin anciennes avec de fines dentelles sur les bords et les poignets. Ayant besoin de plus d'informations, nous avons contacté le Fries Museum et avons obtenu l'autorisation de photographier les dentelles. C'est une merveilleuse expérience que de visiter les archives d'un musée: ouvrir les boîtes et regarder leur contenu, et être autorisé à les toucher et tout cela librement! Une fois nous avons découvert une vilaine vieille dentelle, probablement du 16ème siècle. Le conservateur l'avait jeté là au milieu d'une boîte contenant un curieux fatras.
Les
débuts et la méthode de travail
Nous prenons des photos de toutes les
dentelles qu'il serait intéressant d'avoir dans notre dossier. Ensuite lors de
notre première rencontre nous utilisons ces photos afin de décider avec
quelles dentelles nous souhaitons commencer. Chacun choisit une dentelle et la
remporte à la maison afin d'en faire le diagramme.
Le groupe se rencontre une fois par mois. Pendant ces réunions nous discutons des diagrammes réalisés. Nous ne sommes pas toujours d'accord. II y a souvent deux opinions divergentes: une personne ou un groupe désirant que la dentelle soit réalisée de façon aussi proche que possible de l'original et l'autre tendance étant de l'adapter ou la modifier vers une forme plus moderne.
En discutant les diagrammes il arrive quelque fois que l'on trouve le fil trop fin ou au contraire trop épais: ou que les trous sont trop gros ou que la dentelle doit être plus serrée. On dit souvent pour se Justifier* "Peut-être lie la dentelle d'origine a été lavée plusieurs fois!" Parfois le piquage a besoin d'être réduit ou agrandi de seulement 5%! Alors nous rentrons chez nous et essayons de nouveau autrement. II peut arriver qu'on s'y reprenne jusqu'à cinq fois avant que le groupe ne décide que c'est correct.
Quand nous avons terminé la 'mise à l'épreuve' des différentes dentelles, nous décidons lesquelles doivent faire partie du dossier. Nos seules préférences ne sont pas prises en considération, il faut aussi penser à celles des acheteurs du dossier. Une variété de modèles est nécessaire. II doit y en avoir pour tout le monde.
Pendant notre travail, qui dure des lois, nous devons également faire face au choix des noms des dentelles. Quelque fois le nom est tout de suite le bon, tel 'de kon jnen van Jo', qui fut finalement simplifié en 'konijnen' ('lapins').
La
couverture et l'impression
Enfin arrive le moment de penser à la couverture du dossier. A ce jour nous
avons publié trois dossiers: "De Linnenkast
1"
avec la photo d'une armoire à linge du manoir "Verhildersum"
de Leens;
"De
Linnenkast
2"
avec la dentelle et la broderie d'un très beau drap du Fries
Museum de
Leeuwarden;
"De
Linnenkast
3"
avec une vieille dentelle du Drents
Museum
sur
la première de couverture et le diagramme de cette dentelle sur la quatrième
de couverture; et
finalement "De Linnenkast 4" avec une dentelle hollandaise
(Pioenroos/pivoine - le modèle est inclus) d'une collection privée. Nous
sommes également très fiers de dire que nous
joignons tous les piquages et diagrammes de toutes les dentelles du dossier.
Ensuite nous devons prendre les contacts nécessaire à l'impression du dossier. La première fois c'était passionnant. Nous n'avions rien: pas d'argent, pas d'expérience, et pas d'exemple. Mais nous étions enthousiastes. Après de nombreux efforts nous avons fini par trouver un sponsor qui a bien voulu prendre en charge l'impression de la couverture. Nous avons décidé de copier le contenu nous mêmes. Cela s'est avéré être un gros travail: faire des copies recto verso pour environ 25 piquages + diagrammes + photos pour 1300 dossiers en utilisant le photocopieur et le papier de notre sponsor. II y avait 6 feuilles format A3 à plier à la main, pour un total de 7800 feuilles! Et après cela les feuillets devaient être collationnés. Aussi nous nous suivions autour de la table en file indienne prenant un feuillet après l'autre dans l'ordre et mettant les liasses dans les dossiers.
C'est ce que nous avons fait la première fois, mais plus jamais! Cependant... les dossiers furent prêts à temps pour être vendus. Nous étions très fiers de notre réalisation, et OIDFA était contente: le groupe apportait de l'argent dans la poche de l'OIDFA.
Deux ans plus tard nous terminions notre deuxième dossier. Celui-ci fut imprimé à Bruges, en Belgique, par l'imprimeur du bulletin de l'OIDFA. La distance était un problème, mais par chance l'un des membres du groupe alla deux fois à Bruges, car elle y suivait un stage.
Pour notre troisième dossier nous avions choisi un imprimeur dans notre voisinage. En Mai nous lui avons envoyé les pages tel que nous souhaitions qu'elles soient imprimées. Nous avions peu de temps, il devait être prêt pour le mois d'août afin d'être vendu au congrès de Gand en 1998. Nous avons corrigé les épreuves, mais nous avions le sentiment que quelque chose n'allait pas . Aussi nous sommes allés directement chez l'imprimeur et avons expliqué ce que nous voulions. Généralement nous aimons les gens qui prennent des initiatives. Mais quand la nouvelle série d'épreuves est arrivée, nous avons eu un choc: ils avaient agrandi ou réduit les piquages à leur convenance et les avaient même imprimés à l'envers! Cependant malgré ces retards le dossier fut prêt à temps.
Pour notre quatrième dossier, nous avions choisi à nouveau un autre imprimeur dans notre voisinage. Cependant, malgré quelques retards, le dossier fut prêt à temps.
La
vente du dossier
Les
dossiers sont toujours présentés pour la première fois à un congrès OIDFA.
"De Linnenkast
1"
fut présenté en 1992 à Utrecht.
Deux
ans plus tard notre second dossier fut publié pour le congrès de Barcelone.
Notre troisième dossier est sorti en 1998 à Gand. Cela veut dire que durant le
congrès un joli stand de vente devait être monté et tenu par des membres du
groupe d'étude. Joséphine avait organisé un trés
bon planning pour les trois jours. Cependant cela ne s'est pas déroulé comme
prévu à cause de circonstances indépendantes de notre volonté, comme par
exemple devoir attendre plus longtemps que prévu dans la file pour le déjeuner,
ou à cause de réunions durant trop longtemps, etc. Malgré tout nous étions
arrangeants et avons réussi à trouver une solution à toute difficulté se
faisant jour.
Pour rendre le stand attrayant nous avions composé quelques exemples spéciaux utisant les modèles du dossier.
1500 dossiers "De Linnenkast 3" étaient prêts. A Gand nous en avons vendu 505. Nous avons donné un dossier à chaque musée dont nous avions publié les dentelles. A l'heure actuelle il n'en reste que quelques uns. Les "De Linnenkast 1", "De Linnenkast 2" et "De Linnenkast 3" sont épuisés et ne seront pas réédités. Il reste actuellement seulement quelques exemplaires de "De Linnenkast 4".
Finalement
On pourrait croire que nous avons fait de beaux voyages aux frais de l'OIDFA.
Mais il n'en est rien: le seul bénéfice pour chaque membre fut les trois
dossiers! Donc ce fut bien une "oeuvre
de
charité". Mais nous avons également pris plaisir à nos nombreuses réunions
et avons beaucoup appris sur les techniques des dentelles anciennes.
Les membres du groupe sont: Marieke Bellinga, Jo van Doorninck, Ans Fakkert, Joséphine Groeneveld, Anny Jongbloed, Fenna Muntinga, Victoria van Strik et Elly de Vries.
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dernière modification: 01-01-2008 |